Citations Ahlam Mosteghanemi

lundi 24 octobre 20160 commentaires


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Ton amour était ma jeunesse, mon atelier de peinture un éternel rayon de soleil, et Paris une belle ville. Mais ils m'ont traqué jusque dans mon exil, ont éteint la flamme de ma folie... et m'ont ramené au pays.
Mémoire de la chair

L'ennui, le désœuvrement et la routine seraient-ils des traits caractéristiques de la vieillesse ou de la ville? Est-ce moi qui entre dans la vieillesse ou le pays entier qui entre dans l'âge du désespoir? Oui, seul le pays a l'inouïe capacité de nous projeter dans l'âge et de nous vieillir en quelques mois, parfois en quelques semaines.
Mémoire de la chair

En réalité, un roman réussi n'est rien d'autre que la liquidation d'une mémoire, peut-être même d'une personne, avec un silencieux, à l'insu de tous. Seule la personne visée sait que ces mots-projectiles lui sont destinés. Les romans ratés ne sont en fait que des crimes ratés et il faudrait dessaisir leurs auteurs du droit de porter la plume car, maniant mal le verbe, ils risquent de tuer inconsciemment n'importe qui, y compris eux-mêmes... après avoir tué les lecteurs... d'ennui!
Mémoire de la chair

Constantine est une ville qui exerce la simplification en toute chose. Elle étale ce qu'elle possède, s'habille de tout ce dont regorgent ses armoires, dit tout ce qu'elle sait. 
Mémoire de la chair

Il était impossible de consigner le passé sans en être guéri. Peut-on piquer de la plume les anciennes blessures sans réveiller la douleur, regarder derrière soi sans nostalgie, sans folie, sans haine? Est-ce vraiment possible? Non. De la mémoire on ne guérit jamais. C'est pour cela qu'on écrit, qu'on peint.
Mémoire de la chair

Une femme qui vit de sandwichs est une femme qui souffre d'un manque d'affectivité et d'un excès d'égoïsme... incapable de donner à un homme la sécurité dont il a besoin.
Mémoire de la chair

Nous n'écrivons que pour tuer des héros, et en finir avec ceux dont la présence dans notre vie devient un boulet!
Mémoire de la chair

On ne peut pas convaincre une femme qui regarde Dallas d'habiter une maison telle que celle-ci et de rendre grâce à Dieu! Il faut qu'ils arrêtent de diffuser ce feuilleton puisqu'ils sont incapables d'offrir aux gens une habitation honorable... et une vie meilleure!
Mémoire de la chair

L'homme est sadique par nature. Il lui plaît d'entendre les souffrances d'autrui, et il croit, par égoïsme, que l'artiste est un christ voué à se crucifier à sa place. Sa souffrance le ravit et l'attriste en même temps, son histoire le fait pleurer parfois mais jamais jusqu'à lui faire perdre le sommeil ni l'obliger à donner à manger à un artiste qui meurt de faim ou de désespoir sous ses yeux. Ils juge normal que cette souffrance devienne un poème à chanter ou une toile à acheter.
Mémoire de la chair

Les gens qui nous inspirent sont ceux devant lesquels on s'est arrêté un jour pour une raison ou une autre, ceux qu'on croise par hasard dans la rue ! C'est toi qui as dit cela, tu te souviens? Te peindre signifie seulement que je t'ai croisée un jour dans la rue.
Mémoire de la chair

Les textes d'Aragon sur les yeux d'Eisa restent plus beaux que les yeux d'Eisa qui fatalement vieillira et fanera ! Les poèmes de Nîzar Qabani sur les tresses de Balkis sont assurément plus beaux qu'une chevelure opulente vouée à blanchir et à tomber ! Le sourire de La Joconde tire sa valeur non du sourire stupide de Mona Lisa elle-même, mais de la capacité de Vinci à nous trans-mettre des sentiments contradictoires à travers ce sourire ambigu où joie et tristesse s'unissent.
Mémoire de la chair

Les dédicaces sont destinés à ceux qu'on ne connaît pas. La place de ceux qu'on aime est au cœur du livre, non sur la première page !
Mémoire de la chair

Mon rêve n'était pas de devenir un génie, ni un prophète, ni un artiste opposant et honni à la fois. Ce n'était pas pour cela que j'avais fait la guerre. Je rêvais d'avoir une femme et des enfants. Le destin en avait décidé autrement, voulant que je sois le père de l'enfant d'un autre, marié à l'exil et au pinceau. En plus de mon bras, ils avaient aussi amputé mes rêves.
Mémoire de la chair

Les montagnes ne se touchent qu'à l'heure des tremblements de terre. Dans un séisme qui fait d'elles un unique tas de poussière.
Mémoire de la chair

Nous écrivons dans la langue avec laquelle nous sentons les choses.
Mémoire de la chair

Il n'est pas facile pour un homme habité par l'exil de rassembler ses affaires et de revenir au pied levé au pays. L'exil donne de mauvaises habitudes.
Mémoire de la chair

" N'est orphelin que celui qui perd sa mère, pas son père ! " Dit le dicton. La faim d'affection est un sentiment terrible et douloureux qui rogne inlassablement l'âme, jusqu'à l'épuisement.
Mémoire de la chair

Toutes les villes se donnent la nuit, étalent leur secret pour l'étranger, même quand elles ne soufflent mot... même quand elles ferment leurs portes, et certaines, pareil-les aux femmes, languissent le matin, mais...
Mémoire de la chair


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